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Weekly Worker Supplément en français 8 mai 2008 Souscrivez à le Weekly Worker

Vaincre les liquidateurs

Les communistes devraient saluer avec prudence la décision de la LCR de lancer un nouveau parti révolutionnaire, écrit Peter Manson

Fighting fund
Supplémentaire

Ce week-end les camarades du CPGB seront à Paris pour le fête de Lutte Ouvrière. Et nous avons produit un supplément spécial du Weekly Worker en français pour l'occasion (qui peut être téléchargée de notre site Web). Nous voudrions remercier des camarades en France - en particulier JME et FO - de tous leur encouragement et aide, non moindre la traduction et le travail d'imperméabilisation.

Notre supplément français est un bon exemple du genre de possibilités qui sont ouvertes de nous enfin, grâce à l'aide financière supplémentaire que nous obtenons maintenant de nos lecteurs. En grande partie ceci a pris la forme de paiements d'ordre permanent, qui jusqu'ici se sont élevés à un €655 additionnel par mois.

C'est cette garantie du revenu régulier qui nous permet de planifier pour l'avenir, incluant pour des événements spéciaux comme le fête de LO. Mais, bien que le nouveau revenu assortisse maintenant la dépense supplémentaire nous avons encouru pour l'impression le papier commercialement chaque semaine, nous avons la marge de sécurité très petite pour des entreprises telles que le supplément spécial de cette semaine. C'est pourquoi nous continuons notre appel, quoique nous ayons déjà atteint notre cible €625 originale.

Veuillez ainsi, des camarades, si vous n'avez pas encore contribué, envisagent de faire ainsi le straightaway. Et, naturellement, les contributions uniques sont également bienvenues - comme le billet de cinq livres du camarade NOTA: cette semaine. Il était l'un de 33.925 lecteurs en ligne au cours des sept derniers jours, desoù 1.682 ont téléchargé le papier de la semaine dernière.

Nous commençons les fonds de mai avec £526 (une figure qui inclut ceux a garanti le SOS) vers notre cible mensuelle de fonds du combat €1.250.

Robbie Rix

Cliquez sur ici pour télécharger une forme d'ordre permanent - le revenu régulier est détail important afin de planifier pour l'avenir. Même €6/mois peut aider !
Send cheques, payable to Weekly Worker, BCM Box 928, London WC1N 3XX
Donnez en ligne :

La minorité liquidatrice de la LCR a été largement battue lors de son congrès de janvier. Les thèses de la majorité qui ont gagné, avec 83 % de soutien parmi les 300 délégués, ont mis en place un calendrier pour l’établissement d’un nouveau parti qui aura pour but de « regrouper les forces anti-capitalistes et révolutionnaires » pour la fin de l’année. Selon les thèses adoptées, ce sera un « parti de résistance, en rupture avec le système, pour le socialisme ».

Le leader et porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, a dit que le nouveau parti « opposerait, à la gestion des institutions existantes, la perspective d’un gouvernement ouvrier ». Ce serait un parti qui « veut révolutionner la société, mais pas un parti trotskyste ». Bien que cette déclaration soit bienvenue, elle est également ambiguë. Un « parti trotskyste » de plus parmi la multitude des sectes confessionnelles ne serait très certainement pas ce dont on a besoin, mais la majorité de la LCR ne spécifie pas non plus « marxiste » ou « communiste » pour ce qu’ils ont en vue.

Pour notre part, le CPGB définit un parti marxiste en termes larges comme celui qui prend position pour l’indépendance de la classe ouvrière ( « contre la gestion des institutions existantes » si vous voulez ), pour l’internationalisme ( contre les formes nationales de socialisme ) et pour la démocratie ( par rapport à l’état et à nos propres organisations de la classe ouvrière ). Venant de la déclaration de la majorité de la LCR au moins, les camarades sembleraient d’accord.

Tout en proposant que la nouvelle formation ait « des liens et des relations qui sont actuellement ceux de la LCR avec la Quatrième Internationale ( dans des formes qui « devront être définie de façon limpide à chaque phase de la construction du nouveau parti » ), elle devrait aussi « chercher à s’unir avec les forces appartenant à d’autres courants internationaux ».

Pour le moment, en tout cas, les camarades préfèrent étiqueter la formation qu’ils ont l’intention de créer comme « anti-capitaliste ». Ceci se rapporte très bien aux nouvelles forces qu’ils espèrent attirer. Selon le camarade Besancenot : « nous voulons réunir les personnes par le bas plutôt que par le haut. Nous ne voulons pas construire un cartel d’organisations existantes ».

La LCR croit que les mouvements sociaux et grèves des années 1990 et 2000, en incluant le « non » en 2005 au référendum sur la constitution de l’Union européenne, « a révélé l’existence d’un courant puissant opposé au capitalisme néolibéral ». Cependant, le Parti socialiste a dévié davantage sur sa droite et le Parti communiste français est pris dans la tourmente « d’un déclin continu et irréversible ». Cela, déclare la majorité de la LCR, a ouvert la voie pour un nouveau parti qui attire « la gauche qui a émergé de la lutte » - en particulier la jeunesse, les anticapitalistes, les écologistes, la gauche libertaire.

Cependant, le groupe anarchisant, Alternative Libertaire, dont la LCR espérait qu’il aiderait à embarquer quelques « nouvelles forces » à bord, a clarifié le fait qu’il n’adhèrerait pas maintenant. AL veut un « front anti-capitaliste », pas un parti, et rejette la notion même de se présenter aux élections.

Non que la LCR veuille tourner le dos à la gauche traditionnelle. Elle cherchera à engager des discussions avec tous ceux voulant « s’engager dans la construction de ce nouveau parti anti-capitaliste, en commençant par ces sections de jeunesse et de travail qui sont les plus avancées dans le combat anti-capitaliste ». Elle espère attirer « les courants issus des crises du PS et du PCF », sans oublier « les révolutionnaires, ce qui inclut Lutte ouvrière ».

La confiance retrouvée de la LCR est basée sur son succès lors de l’élection présidentielle de l’année dernière où elle a gagné de loin le plus de suffrages pour l’extrême gauche, avec un peu plus de 4 % des voix - ce qui était aussi plus du double des voix du PCF. Pas un mince exploit pour un groupe qui revendiquait seulement 2 600 membres il y a 18 mois. La direction dit que le nombre de membres actuels a augmenté pour atteindre 3 100, mais cela est minuscule par rapport au PCF, qui revendique le chiffre de 135 000 membres.

Donc quelles sont les chances d’une organisation révolutionnaire substantiellement plus nombreuse ? Eh bien, les délégués lors du congrès du 24 au 27 janvier ont signalé qu’environ 2 000 au total seulement ont participé aux « collectifs » locaux pour un nouveau parti - en d’autres termes, l’équivalent d’environ les deux tiers des effectifs mêmes de la LCR se sont impliqués dans le travail de construction « par en bas ».

Bien que la direction déclare que la nouvelle formation ne devra « en aucun cas » être vue simplement comme une « transformation pour un élargissement de notre organisation », c’est certainement l’impression que pourraient donner ces chiffres - le nouveau parti pourrait bien finir comme une LCR élargie ( quel que soit son effectif réel ). La minorité de droite déclare que ce qui est offert n’est qu’une « simple métamorphose de la LCR ».

Pour ce qui concerne le reste de la gauche réu:volutionnaire, seule la minuscule section du Comité pour une Internationale Ouvrière, la Gauche révolutionnaire, ainsi que les camarades autour du journal Prométhée, ont jusqu’ici signalé leur intention d’adhérer. Les responsables de Prométhée se réclament d’une politique révolutionnaire en dépit de leurs antécédents dans le « communisme officiel ». Beaucoup de leurs soutiens et sympathisants sont membres du PCF et sans aucun doute Prométhée peut être considéré comme un des « courants issus des crises du PCF et du PS ».

La LCR espère aussi que la minorité de Lutte ouvrière, dont les droits de fraction ont été suspendus, s’engagera ( voir plus bas ).

En dépit du fait qu’il n’y a eu que peu d’amateurs jusqu’à maintenant, même la participation initiale de deux ou trois petits groupes plus quelques centaines d’individus nouvellement recrutés pourrait produire quelque chose qui soit « plus que la somme de ses éléments », pour employer l’expression consacrée. La LCR a convoqué une série de réunions des collectifs locaux et régionaux, culminant en une « assemblée constituante générale » en mai. Cela préparera une congrès fondateur pour la fin de l’année, moment à partir duquel la LCR cessera d’exister.

Les liquidateurs

La principale opposition à la direction au Congrès de la LCR est venue de la fraction regroupée autour de Christian Piquet, éditeur de l’hebdomadaire de la LCR Rouge, et d’Alain Mathieu. Cette fraction droitiste, dénommée « Plateforme B », a perdu beaucoup de terrain et n’a pu recueillir que 14 % des voix du congrès pour ses thèses opposées. Selon le camarade Piquet, la ligne majoritaire est « ultra-gauche ». Le nouveau parti ne devrait ni « regrouper les seuls révolutionnaires, ni s’affirmer comme un nouveau mouvement de l’extrême gauche ». Des milliers, incluant la gauche du PS, des membres du PCF, des Verts avec une conscience sociale et la « gauche alternative » ( anarchisante ) sont « en train de chercher un véhicule pour leurs aspirations », déclare la Plateforme B.

L’autre regroupement minoritaire droitiste, la Plateforme C, conclue dans une veine similaire, que la nouvelle formation sera simplement un « parti révolutionnaire en un petit plus étoffé ». Avoir pour but une entité qui préconise un « changement révolutionnaire dans la société » c’est seulement « trop strictement délimité », dit la Plateforme C, dont les thèses alternatives ont récolté moins de 3 % des votes du congrès.

La Plateforme B « déplore » le fait que la majorité est convenue d’un calendrier menant à la dissolution de la Ligue - signifiant qu’il est déjà décidé que la nouvelle formation sera centrée sur la LCR elle-même. Comment pourrait-il en être autrement ? Après tout, déclare la Plateforme B, la majorité a même rejeté son amendement appelant le nouveau parti à être « pluraliste ». Ce qui avait plus à voir cependant, j’en suis sûr, avec quel type de « pluralisme » la minorité envisage - à savoir, une alliance de juste milieu avec les réformistes anti-libéraux. En fait, la déclaration finale adoptée par le congrès appelle à un nouveau parti qui reconnaîsse le droit de former des fractions et de parler et de publier ouvertement.

Mais les camarades de la minorité peuvent clairement être désignés comme des liquidateurs - certains ont voté et fait campagne pour « l’anti-libéral » vert José Bové plutôt que pour Olivier Besancenot durant l’élection présidentielle de l’an dernier. Certains de leurs co-penseurs ont déjà pris la tangente avant le congrès. La minorité est satisfaite de voir la fin de la LCR, mais n’est pas favorable à son remplacement par un « parti révolutionnaire » ( pas maintenant en tout cas ). A la place, la LCR devrait avoir pour but une version française de Die Linke, ce qui est apparemment une formule totalement différente de celle du Parti des travailleurs brésilien ou de Rifondazione Comunista en Italie.

Il y a une chose, cependant, sur laquelle la Plateforme B a à coup sûr raison - ce n’est qu’un rêve d’espérer un nouveau parti basé sur une jeunesse radicale inorganisée et construit « par le bas ». Ou peut-être une forme de cynisme.

Les partenaires intellectuels de l’ISG

Quel est l’avis des camarades Quatrième Internationale de la LCR en Grande-Bretagne, l’ISG ( International Socialist Group ) ? Justement, le dernier Socialist Outlook ( printemps 2008 ), publication occasionnelle de l’ISG, comprend un article de Dave Packer qui s’intitule « Respect Renewal and the role of revolutionaries ». Son texte « considère la participation des marxistes à une formation élargie ».

Le camarade Packer propose que ce dont on aurait besoin, c’est d’une organisation comme Respect Renewal ( RR ), laquelle se doit d’être un « porte-parole des plus opprimés et exclus socialement » et de « construire un pont entre les communautés et les organisations de la classe ouvrière ». Parvenir à une telle unité sera difficile mais c’est « un objectif essentiel pour tout nouveau parti potentiel de la gauche en Grande-Bretagne ».

Il poursuit : “Ca ne peut pas être non plus une démarche unitaire basée sur des ultimatums et des comportements gauchistes, comme des courants sectaires pourraient le demander. Prendre position, dans une période non révolutionnaire en Grande-Bretagne, pour l’adoption par RR d’un programme révolutionnaire condamnerait la gauche marxiste à être hors de course ».

Dans le cas où on ne comprendrait pas le message, le camarade Packer y insiste: « ( … ) les révolutionnaires marxistes, qui sont aujourd’hui une petite minorité, doivent demeurer organisés en tant que partie d’une pluralité plus large. Néanmoins, les révolutionnaires au sein de RR, ou ceux qui souhaitent s’associer à la construction de RR, doivent abandonner le « propagandisme sectaire » et les comportements gauchistes, comme se battre pour l’adoption de la totalité de leur programme à chaque occasion sans tenir compte des conditions effectives de la lutte de classe, ce qui tragiquement a été la caractéristique même du ghetto de la petite extrême gauche ».

Cependant, le camarade Packer a du mal à clarifier de quel pays il parle, quand il se réfère au « nouveau parti de gauche en Grande-Bretagne » et sur la « période non révolutionnaire en Grande-Bretagne ». Il mentionne seulement la France et la LCR au passage - par rapport à son ouverture vis-à-vis des courants minoritaires. En fait, nulle part sur le site web de l’ISG il n’y a de commentaire sur le tournant de la LCR qui aille au-delà du reportage neutre.

Son approche liquidatrice - le plaidoyer pour un « courant marxiste révolutionnaire » opérant à l’intérieur d’un « parti pluraliste élargi », lequel « dans les conditions d’aujourd’hui ne peut s’unir que sur un programme anti-capitaliste limité » - vaut-elle pour la seule Grande-Bretagne ? Il n’est pas précisé, mais la réponse est assez claire - que la formule « les conditions d’aujourd’hui » s’applique aussi à la France et que l’ISG et son leader, Alan Thornett, sont en complète sympathie avec cette minorité de la LCR, qui a été si massivement battue.

« Les révolutionnaires marxistes » doivent non seulement « participer » à des « formations élargies » : ils doivent s’efforcer de les créer comme la seule forme de parti étant adaptée pour une « période non révolutionnaire ». Comme l’ISG dans Respect, la LCR devrait donc s’unir programmatiquement avec des réformistes et des non-communistes - peut-être devrait-elle céder son journal Rouge ( rebaptisé Rose, ça va de soi ) de même que Socialist Resistance, le journal se l’ISG, a été transformé pendant quelques mois en Respect, journal de RR.

Lutte ouvrière

Les deux autres grands groupes trotskystes en France sont LO ( Lutte ouvrière ) et le PT ( Parti des travailleurs ). Le PT lambertiste a de fait beaucoup plus de membres que LO et la LCR réunis, mais son dogmatisme sectaire lui assure des résultats électoraux toujours plus bas. Le PT n’est pas intéressé à travailler avec d’autres groupes de gauche et se prépare à lancer sa propre formation « élargie », nationaliste de gauche et anti-Union européenne, le Parti ouvrier indépendant, en juin.

LO, en contraste, a pris part à des discussions exploratoires avec la LCR jusque tard l’année dernière, mais sans surprise a décliné l’invitation à participer à tout nouveau parti commun. Sa déclaration explique pourquoi : « ( … ) nous sommes ouvertement pour le marxisme, le léninisme, les premières années de la Révolution russe et le trotskysme. En d’autres mots, nous sommes pour les idées et la pratique qui étaient celles du Parti socialiste à ses origines et du Parti communiste à sa fondation » (déclaration de LO, 3 décembre 2007).

Ce que LO veut réellement dire est qu’un parti révolutionnaire devrait être basé sur l’interprétation spécifique de sa propre chapelle du « marxisme, du léninisme … et du trotskysme » ( et pas du tout sur « l’église ouverte » largement marxiste qu’était le PS originel ou sur la flexibilité léniniste du PCF à ses débuts ).

Néanmoins, LO a promis de regarder « cette tentative d’un œil attentif et favorable » et a commenté : « Si nous disons que nous souhaitons qu’elle y réussisse, c’est ( … ) uniquement parce que tout le monde ne peut pas être révolutionnaire et trotskyste et que bien des gens, des jeunes en particulier, peuvent avoir envie de combattre les maux engendrés par la société actuelle. Certains s’engagent dans des organisations non gouvernementales pour intervenir dans les pays sous-développés ; d’autres le font plus près de chez eux pour aider les sans-papiers ou les sans-logis ; d’autres, simplement outrés par les mesures du gouvernent, souhaitent s’y opposer selon leurs moyens. Et ce serait une bonne chose qu’à défaut d’être des révolutionnaires ils puissent trouver une organisation importante, vaste, susceptible d’agir et qui corresponde à leur idées » ( Lutte de Classe décembre 2007-janvier 2008 ).

Cette déclaration est reproduite par David Broder de l’Alliance for Workers’ Liberty dans le numéro du 24 janvier de Solidarity. Le camarade Broder critique correctement l’ « approche sectaire » de LO, mais poursuit ainsi son commentaire : « LO ne considère pas la LCR comme des camarades prenant part à une lutte commune contre le capitalisme, mais la caractérise comme apparentée aux progressistes libéraux et aux âmes charitables qui veulent ‘agir autrement’ ».

C’est ne pas comprendre LO. Car ce n’est pas la LCR que LO décrit comme « des progressistes libéraux et des âmes charitables », mais les gens que celle-ci souhaite attirer. Tandis que LO admet que le recrutement de ceux qui « peuvent avoir envie de combattre les maux engendrés par la société actuelle » au sein d’ « une organisation importante » serait « une bonne chose », il ne semble pas venir à l’esprit des camarades que ces personnes-là peuvent être gagnés à une organisation du marxisme révolutionnaire. Mais si cette jeunesse instinctivement anti-capitaliste se politise et accepte le besoin d’une organisation, comment cela pourrait-il être une « bonne chose » que les marxistes refusent de s’impliquer auprès d’eux ?

En d’autres termes, même si on peut critiquer la position de la LCR sur la construction d’un parti « de bas en haut », il est correct d’essayer d’attirer de tels éléments ( savoir si ces efforts seront couronnés de beaucoup de succès est une autre question ).

Bien que la majorité de LO se tienne à l’écart, il est encore possible que sa minorité, organisée autour du journal L’Etincelle, finisse dans la nouvelle formation. Antérieurement, la minorité, connue comme La Fraction, avait droit chaque semaine à une place pour développer ses points de vue dans les colonnes de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière. Mais le 2 février, ses droits de fraction ont été « suspendus » jusqu’au prochain congrès de LO à la fin de l’année. L’Etincelle affirme qu’elle a été de fait exclue.

Le PCF

La tendance liquidatrice qui continue d’affecter tant de forces de gauche au niveau international est de loin plus influente dans le PCF que dans la LCR. Tandis que les liquidateurs avoués ont été forcés de battre en retraite lors de l’assemblée générale du parti en décembre 2007, il ne fait pas de doute qu’un mouvement s’est produit dans leur direction.

Les 1 500 délégués à La Défense à Paris, tout en acceptant que « le communisme reste un but et un projet pour notre temps », sont d’accord pour « la construction d’une force qui ouvrira une alternative pour un changement aussi vite que possible ». Le conseil national du PCF a été chargé de faciliter le débat pour examiner « de nouvelles possibilités et formes collectives pour combattre le capitalisme ». Les délégués ont adopté un document qui déclare qu’ « aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie ne sera exclue ».

La secrétaire nationale Marie-George Buffet était favorable à ce que le PCF s’engage vers un « renouveau du Parti communiste », mais la majorité du conseil national, lors de sa réunion précédant l’assemblée, a insisté sur une formulation laissant ouvertes toutes les options - y compris la liquidation du PCF dans une nouvelle formation « élargie ».

Des dirigeants liquidateurs tels que François Dumas, secrétaire fédéral du Cher, a dit qu’il s’agissait plus de « mettre en place les termes du débat que de le conclure », tandis qu’Alain Tesserre de la Creuse déclarait : « S’il y a encore des communistes qui ont des certitudes après nos échecs, je les envie ».

Bien que les « refondateurs » comme Roger Martelli qui soutiennent que la « forme parti » doit être abandonnée, ont considéré la déclaration finale comme beaucoup trop timide et se sont abstenus dans le vote, la majorité de la direction a maintenu une neutralité réfléchie quant à ce qui résulterait du débat proposé sur le fait de continuer le PCF ou non.

Les liquidateurs ont rencontré une importante opposition : « Ceux qui ne veulent plus d’un parti communiste sont libres de le quitter » a dit un délégué. « Quant à nous, nous construirons le PCF ! ». Mais 72 % ont voté pour le mandat amendé - lequel, après tout, ne faisait qu’appeler à un débat, n’est-ce pas ? Un congrès à la fin de l’année décidera de l’avenir du PCF.

De même que l’élection présidentielle de l’an dernier a boosté la confiance de la LCR, de même le triste 1,9 % du PCF a donné un nouvel élan à ceux qui veulent voir le parti dissout au sein d’une nouvelle formation « élargie ».

Parmi les opposants aux liquidateurs il n’y a pas que les camarades comme ceux qui soutiennent Prométhée et comme la Gauche communiste, laquelle a trois membres au comité national, mais un assortiment de staliniens nationaux, de partisans « nostalgiques » de l’ex-leader du PCF Georges Marchais et d’entristes de la tendance Ted Grant autour du journal La Riposte. A eux tous, ils constituent les 20 % d’opposants au mandat du congrès.

Il faut que la gauche du PCF se batte sur deux fronts. D’une part, elle doit continuer de s’opposer aux liquidateurs par tous les moyens à sa disposition. De l’autre, elle doit mener la lutte pour un parti marxiste au-delà du PCF - et en particulier au sein de la nouvelle formation créée par la LCR.

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